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Historique

Troyes sous le signe de la Fête

Foire devant le théâtre de Champagne

La Foire de mars existe depuis 1848 à Troyes. A l’origine située place de Préau, elle s’installera Place de la Préfecture jusqu’à la fin du XIXe siècle.

La fête foraine, que l’on nomme aussi Luna-Park, est ensuite déplacée sur le mail Saint-Nicolas (actuel boulevard Victor-Hugo). Au fil du temps, les manèges s’étendent sur les boulevards situés autour du centre-ville, depuis le théâtre de Champagne jusqu’à la piscine du Vouldy.

C’est en 1966 que la Foire de mars s’installe sur son emplacement actuel : l’esplanade Charles Delestraint-Boulevard de Belgique.


Le Saviez-vous ?

En 1872, la fête foraine prend le nom de « Foire de la mi-carême » qu’elle conservera un peu plus de 50 ans.


Des attractions très variées

Attraction de nuitLa Foire de Mars permet aux Troyens de trouver les divertissements surprenants qu’ils attendent depuis des années. Carrousels, sucres d’orge, nougats et autres gourmandises côtoyaient ainsi, les ménageries « avec leurs singes savants jouant la comédie humaine, les kangourous boxeurs ou la famille de pingouins dans sa voiture frigorifique. Des petits théâtres proposaient spectacles, bal-buvettes ou opérettes. On y trouvait également du « catch international » avec ses boxeurs et ses lutteurs ou encore des « palais du muscle » avec leurs hercules. Les entresorts, ces baraques foraines dans lesquelles on exposait des « monstres », étaient aussi de la fête. Les familles découvraient les « Lilliputiens plus petit couple du monde », le « palais du mystère » et sa femme sans tête, la prestidigitation avec « le secret des Indes » et sa femme crocodile...

Ces baraques de phénomènes ont, peu à peu, laisser leur place aux manèges à sensation aux noms évocateurs tels les grands huit et autres montagnes russes (qu’on trouvait déjà en 1900). Le train fantôme faisait également frissonner ceux qui se risquaient à franchir sa porte. Les superlatifs colonisaient les papiers à en-tête : « attraction la plus rapide », « la plus sensationnelle », « illuminations féeriques », « splendide », « le plus luxueux », « la plus belle illusion du monde », « mécanisme de l’an 2000 »...


Une fête populaire

A l’heure où les congés payés n’existaient pas encore, la Foire de Mars restait l’un des divertissements les plus attendus des Troyens qui allaient en profiter au sortir du travail. Toutes les générations se retrouvaient là-bas et profitaient des dernières attractions à la mode. C’est là qu’au début du 20e siècle, les Troyens ont pu découvrir les premiers films de cinéma muet.

Si les loteries ont perduré, leurs lots ont en revanche beaucoup évolués selon les époques. Après-guerre, ils étaient souvent composés de kilos de sucre ou de farine, puis on pouvait gagner une horloge à coucou en gros lot, des peluches géantes (qu’on voit encore de nos jours)... Les années passant et la technologie avançant, les lots d’hier ont laissé leur place à la téléphonie mobile, autres produits high-tech ou gros matériel de bricolage.


La passion de la Foire de génération en génération

La Foire, c’est une affaire de famille et celle de Troyes ne déroge pas à la règle. On y croise des forains qui soignent leur métier hérité de leurs parents ou grands-parents. S’ils savent évoluer avec le temps et proposer des attractions au goût du jour, la famille est toujours présente.

Parmi eux, on retrouve la famille Graupner avec Marcelle, la doyenne qui affiche fièrement ses 94 printemps. Elle a commencé à sillonner les routes avec ses parents et leur caravane alors qu’elle n’a que 6 ans. Lorsqu’elle se marie avec un bonnetier, à 18 ans, elle n’abandonne pas le champ de foire puisque son époux est converti par la vie de forain. Elle s’occupe de la loterie et son mari du stand de tir. Ils auront quatre enfants qui deviennent forains à leur tour et transmettent leur passion à leurs enfants. Ainsi, quatre générations se retrouvent à la Foire de Mars chaque année.


Les éternels jeunes

Être forain est souvent une vocation générationnelle et passionnelle qui dure. Ainsi, la Foire de Mars accueille des industriels qui exploitent toujours leurs métiers malgré un âge qui leur permettrait de savourer les plaisirs de la retraite.

  • Jacky Bonamy, né en 1938 et son épouse Monique, née en 1937, exploitent toujours leurs métiers une pêche aux canards « Daffy Duck » et un manège enfantin le « Buggy Sport ». Ils sont présents sur le champ de foire depuis 43 ans.
  • Marc Courteaux, président d’honneur du Comité Festif, est né en 1940. Il a à son actif 50 ans de présence et ses parents étaient déjà présents sur les Boulevards avant le déménagement de la fête foraine.
  • La célèbre loterie Caroline et ses peluches géantes est exploitée par Bruno Fornara, né en 1941, et son épouse Josiane. Comme Marc Courteaux, cela fait 50 ans qu’ils sont présents. Les parents de M. Fornara étaient également déjà là auparavant.
  • Marcel Hoffmann, né en 1943, s’occupe du crève-ballon Euro-tir avec son épouse Françoise née la même année. Ils sont sur la Foire de Mars depuis 48 ans.
  • L’Ours Noir est géré depuis 48 ans par Gérard Poetch, né en 1945.

Une logistique impressionnante

Montage d'un manègeLa Foire de Mars attire près de 300 000 personnes chaque année pour profiter de plus de 170 attractions (manèges, restaurants, loterie, snacks...). Un mois avant, les services de la Ville de Troyes préparent l’arrivée des industriels forains en amont : installation électrique, traçage des emplacements, nettoyage, retrait des candélabres, entretien des sites (champ de foire et aire d’accueil de St-Julien)... Les industriels forains se déplacent avec leurs maisons, leurs métiers et, parfois, ont des convois de plusieurs camions. Ils peuvent être amenés à effectuer plusieurs voyages avec leurs différents camions et caravanes avant de pouvoir s’installer pour quelques semaines dans leur ville d’accueil. Il faut, suivant le métier, entre deux et dix jours d’installation sur l’aire d’accueil pour la partie caravane et sur le champ de foire.

Le train fantôme : 60 tonnes pour une attraction mesurant 28 mètres de longueur sur 15 de large. Trois jours sont nécessaires à son montage avec l’aide de 6 personnes.


La Reine de la Foire

Chaque année, la Reine de la Foire est élue pour représenter les forains auprès du public.
Issue d’une famille d’industriels forains, elle est âgée de 17 à 20 ans.
C’est l’ensemble des forains qui choisissent leur reine en exprimant leur vote grâce à urne qui circule auprès de chaque métier.
Cette année, c’est Alexia Fradet qui a été couronnée.
Elue un an avant son « règne », elle partage systématiquement le titre avec la reine précédente.
Et pour respecter la tradition, les reines se rendront au Centre Hospitalier de Troyes afin de rencontrer les enfants malades et leur apporter des jouets.


 

 

La première foire de l’année

La Foire de Mars est la première grande fête foraine de l’année. Elle accueille près de 150 familles, ce qui représente entre 200 et 300 personnes. Beaucoup sont à Troyes depuis plusieurs générations et installaient déjà leurs métiers quand la Foire de Mars occupait les boulevards troyens. Les Courteaux, Hoffman, Magery... et les descendants d’Albert avec ses fameux Croustillons hollandais.

Après avoir participé aux différents Marchés de Noël, les industriels forains se retrouvent en famille pour hiverner. C’est à cette période de l’année que chacun en profite pour repeindre ses attractions, changer les ampoules...